REQUIEM POUR UN BOTCH

J’ai pogné le VIH.  Le Virus de l’Immunodéficience Humaine.  Le calice de SIDA.  Pour une niaiserie.  Où est-ce que j’avais la tête?  Maintenant je vais mourir et ce sera de ma faute.

Ce qu’il y a de pire c’est  le processus d’acceptation.   Pas d’accepter la maladie en soit.  D’accepter qu’on soit la personne la plus stupide de l’histoire de l’humanité.  Dealer avec la rage, la colère, la haine qu’on éprouve pour nous même.  Je m’haïs.  Estie que je m’haïs.  Je sais qu’on va me juger.  On va me prendre pour une tapette.  Je ne sais bien pas comment je vais réagir.  C’est quand même weird de penser que 5 des 6 milliards d’êtres humains sur la planète vont penser que mon principal hobby consiste à me faire marteler le derrière à coups de pubis par mon «colocataire».  Je dis 5 des 6 milliards parce qu’en Afrique tout le monde l’a le SIDA, pour eux c’est comme le cellulaire.  En fait, je me contre fou de passer pour une pédale.  À la limite je me fou presque de passer pour un Africain.  Ce qui me pourrit l’existence c’est de devoir vivre avec les remords, la culpabilité, la honte d’avoir infecté des femmes que j’aime.  Ma blonde, ma sœur, ma mère.  Si j’avais su…

Je peux tellement être naïf.  Si j’avais su, je ne l’aurais pas loué le criss de film.  Pourquoi on ne m’a jamais dit qu’on pouvait attraper le SIDA seulement en écoutant un film?  C’est bête.  Ma mère était là, ma sœur, ma blonde, elles auraient pu m’avertir, non?  J’aurais loué autre chose que Philadelphie.  C’est tu niaiseux, pogner le SIDA en écoutant un film.  J’ai mis un DVD, pas une vieille junkie de la main.  Ce qui m’étonne par contre, c’est de savoir que tout le monde en Afrique ont vu Philadelphie.  Ça doit être parce que Denzel joue dedans.  Peu importe.  Maintenant on va tous mourir et ce sera de ma faute.  Ma mère commence déjà à ressembler à Tom Hanks. 

C’est ce matin que j’ai appris qu’on utilisait le cinéma comme outil de propagation.  Avant j’étais ignorant, j’étais cave, comme vous.  Hier encore, je pensais que le cinéma ne servait qu’à des fins purement divertissantes.  Qu’on pouvait regarder un film de guerre sans se mettre à shaker comme le général Dallaire.  Je sais, j’ai honte.  Heureusement, que Jici Lauzon était là pour me ramoner le cerveau.  On a beau dire ce qu’on voudra, il l’a en ti-pépère l’affaire Jici.  Dire que pendant longtemps, j’étais convaincu qu’à part jouer dans Virginie et avoir des cicatrices d’acné sur les joues il ne servait à rien.  Erreur l’ami!  Grâce à lui et à toute sa sagesse, je sais maintenant que le seul fait de montrer des gens qui fument au cinéma, encourage les spectateurs à fumer.  Pas seulement les fumeurs!  Même ceux qui ne fument pas sont pris d’une irrésistible envie de finir leur vie dans un poumon artificiel.  T’es là, tranquille, à manger ton pop-corn et BANG! emphysème mon vieux, ça t’apprendra.  C’est ti assez fort ça!?  C’est pour ça que Jici et ses camarades de la brigade anti-tabac remettent chaque année les prix Cendrier ; parce que eux, ils savent.  Tu leurs en passes pas une vite.  Ils la connaissent la game : « T’en vois une, t’en tousse trois.»   Sacré Jici.  C’est juste dommage que je ne l’aille pas su avant.  J’aurais loué un film beaucoup moins dangereux.

Une Réponse à “REQUIEM POUR UN BOTCH”

  1. Marie s'en va-t-en-guerre dit :

    LOL! As usual Rav… excellent texte. J’ai ris comme une gamine attardée!

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