Si je disais le contraire de ce que je pense je dirais…

Bon ok, il ne s’est pas passé grand chose cette semaine et j’avais envie d’être de mauvaise foi.  Comme la plupart des gens (3 personnes) qui ont lu mon blog la semaine dernière ont bien aimé ce que j’avais à dire sur les concerts bénéfices pour Haïti, je me suis dit…pourquoi pas dire le contraire de ce que je pense…y’a moyen d’avoir du fun.

La terre avait à peine finit de trembler une deuxième fois sur Port-au-Prince que déjà, à travers la poussière soulevée des édifices en ruines, s’élevait une silhouette.  Est-ce un oiseau?  Un avion?  Balloon Boy?  Non!  C’est Superstar!  Le héros fallacieux. Celui qui défend la veuve et l’orphelin devant les kodaks et les cheveux graissés d’Anderson Cooper.  À l’aide de ses supers pouvoirs, Superstar détectent le malheur d’autrui comme un petit orteil trouve le coin d’une table et vous organise un show bénéfice en moins de temps qu’il ne faut pour faire entrer ses couilles surdimensionnées dans un costume de spandex.  Superstar sait comment amasser des fonds.  Il se contre-calice de la tragédie.  On le briefe avant d’entrer sur scène et s’il est docile, on le récompense en prenant une photo de lui étreignant un petit négroïde.  Les grotasuniens appellent ça du P.R.

Dire que toutes ces initiatives faux-cul suintant la relation publique putréfiée, sont attribuables à un seul homme. Michel Sardou.  Vous connaissez?  Vous devriez.  C’est un fléau, une plaie, un poison qui ruine nos vies depuis quarante ans.  Le SIDA, c’était lui.  L’Éthiopie? encore lui.  Haïti, toujours lui.  Chaque fois qu’un désastre accable la Terre depuis la fin de la deuxième Grande Guerre, blâmez Michel Sardou.  Keep your friends close but your ennemies closer.  Je connais tout de Michel Sardou.  Né à Paris en 1947, il entreprit de troubler la paix sociale en 1978 en lançant son désormais funeste microsillon, En Chantant.  Véritable appel au nihilisme, les textes de cet hymne à la mort étaient marqués du démon.   La mort c’est plus marrant, c’est moins désespérant en chantant et autres successions de pointes assassines filant directement au cœur de l’harmonie fraternelle.  Désolé Michel, je ne mange pas de ce pain là.

Depuis l’holocauste musical de 78, chaque fois qu’un malheur s’abat sur la grande bleue, les vers du chant satanique de Sardou résonnent au creux d’une oreille païenne.  En chantant!  Mal interprétées, ces cris bestiaux tachés du sceau de la bête incitèrent d’autres suppôts du rythme à nous imposer leurs hypocrites mélodies dédiées à la souffrance mondiale.  C’est ainsi que dans les feux de l’enfer naquirent We Are The World, Heal The World et autres complaintes of the world dont nous nous crissons avec véhémence.  Seigneur, pardonnes-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Pour protester contre ces vagues déferlantes de charité factice, j’ai décidé d’organiser ma propre levée de fond.  Un masturbothon.  Oui, oui.  Une séance de masturbation bénéfice. Un happening jamais vu depuis Diogène de Sinope.  Pour l’originalité, je torche les lave-autos de louveteaux et j’accote presque la Madone et ses sbires en termes de futilité. Mais attention.  On ne parle pas ici d’une empoignade pénienne de routine, je donne dans le grand art.  J’avais imaginé quelque chose de familial, avec feux d’artifices, orchestre symphonique et mon cul projetant des ombres chinoises dans une mise en scène de Robert Lepage, la grande classe quoi.  Combattre le mal par le mal, c’est mon crédo. Quand il était petit garçon, Sardou repassait ses leçons en chantant.  Les temps ont changé.  Quand j’étais petit garçon, je repassais mes leçons en me procurant du plaisir sur Internet.  J’irai donc purger mon organe sur la place publique et, avec un peu de chance, Ron Jeremy et autres gros membres de la colonie artistique se joindront à moi dans un effort de varlope à grand déploiement.  Les profits éjaculés serviront de mortier à la reconstruction d’Haïti. 

Donnez-généreusement.

Dans tes dents Ravary…

Bonne semaine!

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